Bonus automobile : connaître la perte de bonus en assurance auto

Homme d'âge moyen dans sa voiture examine un contrat d'assurance auto

Un seul sinistre responsable peut faire chuter un coefficient de réduction de moitié, même après des années d’efforts pour l’améliorer. La règle prévoit que chaque accident responsable entraîne une majoration immédiate de 25 % du malus, sans distinction entre petits dégâts et dommages importants.

Certains contrats conservent le bonus à vie sous conditions, mais ce privilège ne concerne qu’une minorité d’assurés. Les conséquences d’un retrait de bonus persistent sur plusieurs années et influent sur le montant total des primes à acquitter.

Le bonus-malus en assurance auto : comprendre les bases pour mieux s’y retrouver

Depuis des décennies, le système bonus-malus façonne la manière dont sont calculées les cotisations d’assurance auto en France. Le principe ne laisse pas de place au hasard : la conduite respectueuse est valorisée, tandis que les écarts coûtent cher. Conducteur chevronné ou novice, chacun se voit attribuer un coefficient de réduction-majoration (CRM), qui n’est autre qu’un pourcentage déterminant la prime d’assurance auto annuelle.

Voici comment évolue ce fameux CRM au fil du temps :

  • Bonus : chaque année sans accident responsable, le coefficient baisse de 5 %, jusqu’à atteindre 0,50.
  • Malus : chaque sinistre responsable entraîne une hausse de 25 % du coefficient.

La prime de référence sert de point de départ au calcul. Si votre CRM est à 0,68, votre cotisation ne représente que 68 % de cette base. À l’inverse, un malus peut multiplier la facture par 3,5 en cas d’accidents répétés. Ce mécanisme est rendu obligatoire par le code des assurances : toutes les compagnies doivent l’appliquer à leurs assurés.

Transférer son bonus lors d’un changement de voiture ou de compagnie d’assurance, c’est possible : le CRM est lié à la personne, non au véhicule. Le relevé d’informations devient alors le sésame incontournable : il recense tout l’historique du bonus-malus et conditionne le tarif du prochain contrat.

Quels événements peuvent entraîner une perte de bonus ?

Le bonus obtenu n’est jamais gravé dans le marbre. Il suffit d’un sinistre responsable pour voir la situation s’inverser. Un coup de volant malheureux, une inattention sur un parking, et le malus s’invite sur le contrat d’assurance auto.

Déclarer un sinistre responsable, c’est activer d’office une hausse du coefficient : +25 % pour chaque accident où la faute vous incombe, peu importe la gravité. Le bonus accumulé au fil des années s’évapore, remplacé par une augmentation qui pèse immédiatement sur la prime.

Certains cas particuliers existent. Si les responsabilités sont partagées à égalité lors d’un accident, le coefficient grimpe de 12,5 %. À l’inverse, un sinistre non responsable ne change rien au bonus : l’assuré conserve son avantage.

Voici ce qu’il faut retenir selon la situation :

  • Accident totalement responsable : +25 % sur le coefficient
  • Responsabilité partagée : +12,5 %
  • Sinistre non responsable : le bonus reste intact

Les conducteurs secondaires ou occasionnels n’échappent pas à la règle : un accident responsable de leur part impactera le contrat principal et entraînera la même sanction sur le coefficient. Pour l’assureur, le malus s’applique quelle que soit la personne au volant au moment du sinistre. Le bonus-malus est donc attaché au contrat, sans distinction de conducteur.

Calcul du bonus-malus : comment évolue votre coefficient après un sinistre

Le calcul du bonus-malus suit une méthode stricte, fixée par le code des assurances. Chaque année, la compagnie applique le coefficient de réduction-majoration (CRM) à la prime de référence. Ce pourcentage évolue selon votre comportement de conducteur sur la période. Sans incident responsable, le CRM baisse de 5 % chaque année, jusqu’à 0,50, soit la moitié de la prime de référence.

En revanche, un sinistre responsable inverse la tendance. Le coefficient grimpe de 25 % pour chaque accident responsable au cours de l’année. Par exemple, un coefficient de 0,76 passe à 0,95 après un sinistre. Deux accidents responsables successifs, et la hausse s’accentue, chaque majoration s’appliquant sur le nouveau coefficient.

Pour illustrer ce mécanisme :

  • Un sinistre responsable : coefficient multiplié par 1,25
  • Deux sinistres responsables : coefficient multiplié deux fois de suite par 1,25

En cas de responsabilité partagée, la hausse est plus modérée : +12,5 %, soit un coefficient multiplié par 1,125. Le bonus-malus assurance concerne tous les conducteurs déclarés sur le contrat, qu’il s’agisse du conducteur principal ou d’un conducteur secondaire. La prime assurance auto s’ajuste donc automatiquement à ce nouveau CRM.

Le relevé d’informations envoyé chaque année par l’assureur détaille le CRM retenu, la période de référence et la liste des sinistres responsables. Il vaut mieux le consulter attentivement, car ces éléments déterminent la cotisation lors d’un renouvellement ou d’un changement d’assureur.

Jeune femme remet ses clés à un agent d

Des conseils pratiques pour préserver et optimiser votre bonus auto

Maintenir un bonus élevé sur son contrat assurance auto permet de bénéficier d’une prime réduite année après année. Pour cela, rien ne vaut une conduite prévoyante : anticipez les imprévus, gardez la tête froide dans le trafic. Le conducteur principal comme le conducteur secondaire voient leur bonus-malus évoluer en fonction des sinistres déclarés. La prudence reste la meilleure stratégie pour éviter les mauvaises surprises.

Un autre réflexe utile : passer au crible chaque année votre avis d’échéance annuelle et votre relevé d’informations. Ces documents dressent la liste des sinistres et précisent le coefficient bonus-malus appliqué. Un contrôle régulier permet de détecter toute anomalie ou erreur qui pourrait alourdir la prime assurance auto. En cas de désaccord, n’hésitez pas à faire corriger la situation auprès de la compagnie.

Quelques mesures concrètes permettent aussi de limiter la casse :

  • En cas d’accrochage mineur, privilégiez un arrangement à l’amiable : chaque déclaration de sinistre a un impact sur le bonus.
  • Pour les petits dommages, comparez le coût des réparations à la hausse de votre prime en cas de déclaration.
  • Réfléchissez à la désignation des conducteurs sur votre contrat : ajouter un jeune conducteur en tant que second conducteur peut modifier le bonus-malus global.

Gardez l’œil sur la date d’échéance de votre contrat. Un changement d’assureur avec un bonus maximal se négocie mieux si vous pouvez présenter un relevé d’informations sans sinistres responsables.

En définitive, le bonus auto n’est jamais acquis pour toujours. Vigilance, vérifications et arbitrages avisés font toute la différence, année après année. Un accident suffit à rebattre les cartes, alors autant rester maître de la partie.