Un chiffre impose sa loi, sans détour : 35 kW. Voilà la frontière qui sépare les nouveaux titulaires du permis A2 d’une partie du parc moto français. Depuis 2016, impossible d’enfourcher une machine plus puissante, même bridée, si la version initiale dépasse les 70 kW. Sur la carte grise, la mention est implacable ; la réglementation ne fait pas de cadeau.
Côté modèles, le marché joue parfois à cache-cache. Certains engins, pourtant mis en avant comme adaptables au A2, se retrouvent recalés à l’homologation. Une puissance d’origine trop élevée, un bridage approximatif, et le droit de rouler s’envole. Les règles oscillent selon l’année de sortie du modèle ou selon la mention qui figure sur le certificat d’immatriculation.
Permis A2 : ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Avant de rêver de courbes et d’asphalte, il faut s’attaquer à l’obtention du permis A2. La porte d’entrée, c’est 18 ans révolus et la Journée Défense et Citoyenneté (Jdc) terminée. Le parcours débute presque toujours dans une moto-école sous le regard d’un formateur chevronné.
Le premier obstacle porte un nom : épreuve théorique motocyclette (ETM). Cet examen spécifique au deux-roues, cousin du code de la route classique, teste vos connaissances sur la signalisation, la sécurité et la mécanique moto. Quarante questions, pas une de moins, pour filtrer les candidats et repérer ceux qui maîtrisent leur sujet. Ici, pas de place à l’improvisation : une préparation sérieuse s’impose.
La suite s’oriente vers la pratique, en deux volets distincts. Le plateau, d’abord, pour jauger la technique pure : équilibre, freinage, évitement d’urgence. Puis la circulation, où chaque manœuvre, chaque regard posé sur la route, compte dans l’évaluation. Conduire en ville ou à la campagne, adapter sa trajectoire, anticiper les dangers,le jury attend du concret, pas des promesses.
Une fois le sésame en poche, l’apprentissage ne s’arrête pas là. La formation complémentaire moto de 7 heures, bien que non obligatoire, reste vivement conseillée. Ce module renforce l’expérience, affine les réflexes et prépare, pour ceux qui le souhaitent, le passage vers le permis A. C’est plus qu’un simple stage : un appui pour aborder la route avec plus de confiance.
Puissance maximale, bridage et réglementation : comment s’y retrouver ?
Une fois le permis A2 décroché, la règle ne tolère aucune exception : 35 kW, pas un de plus. Le rapport puissance/poids doit rester sous la barre des 0,2 kW/kg, le tout calculé avec les pleins. C’est la double exigence qui s’impose à tous, y compris pour une moto bridée. La réglementation encadre chaque détail, sans marge de manœuvre.
Pour répondre à ces critères, les grandes marques proposent des motos prêtes à rouler, soit bridées d’usine, soit adaptables via un kit monté par un professionnel agréé. Si la machine dépasse la limite à l’état neuf, le passage chez le spécialiste devient obligatoire. Pose du kit, certificat de conformité, inscription sur la carte grise,chaque étape doit être respectée à la lettre. Acheter d’occasion exige la même vigilance : une moto non conforme, c’est le risque d’une immobilisation sur le bord de la route, et d’une assurance qui refuse tout remboursement en cas de souci.
Le contrôle technique moto fait son apparition sur le paysage français, mais la conformité de la puissance reste sous l’œil des forces de l’ordre, des assureurs et du propriétaire lui-même. Prendre une moto équipée de l’ABS, c’est opter pour plus de sérénité,les compagnies d’assurance, d’ailleurs, l’exigent souvent pour couvrir les novices.
Voici les points principaux à garder en tête pour rouler sans fausse note :
- Puissance maximale : 35 kW (47,5 ch)
- Rapport puissance/poids : 0,2 kW/kg
- Bridage réalisé par un professionnel agréé et mentionné sur la carte grise
- ABS recommandé pour la sécurité et l’assurance
L’Europe avance vers plus d’harmonisation, mais chaque pays conserve ses propres subtilités réglementaires. Redoublez de prudence lors d’un achat à l’étranger ou d’une demande d’homologation, sous peine de découvertes amères.
Exemples de motos compatibles A2 et leurs atouts pour débuter
La catégorie A2 se traduit sur le marché par une offre vaste et cohérente, pensée pour ceux qui découvrent la moto ou veulent progresser sans brûler les étapes. Les constructeurs rivalisent d’ingéniosité pour proposer des motos adaptées à tous les styles et à toutes les envies. Quelques modèles emblématiques illustrent bien cette diversité :
- Honda CB500F : une référence pour sa maniabilité, sa selle accessible à 790 mm et son moteur bicylindre souple. Un choix fiable, simple à entretenir, qui rassure les débutants comme les conducteurs expérimentés en quête de sobriété.
- Yamaha MT-07 (version 35 kW) : son caractère affirmé, son châssis réactif et son moteur vivant séduisent. Le nouveau tableau de bord TFT et une hauteur de selle de 805 mm en font une moto moderne et rassurante.
- BMW G 310 R : compacte et légère avec ses 158,5 kg à sec, elle permet de prendre confiance rapidement. Son freinage à étriers radiaux et l’ABS renforcent la sécurité.
- KTM Duke 390 : sportive dans l’âme, dotée d’une connectivité avancée. Sa fourche inversée et son écran TFT placent la barre technologique très haut pour cette catégorie.
Le choix d’une première moto compatible A2 se fait souvent selon la hauteur de selle, le poids, et la facilité à évoluer en ville comme sur route. Que l’on opte pour du neuf ou une occasion récente, le rapport plaisir/prix est souvent imbattable. Les roadsters de moyenne cylindrée conjuguent accessibilité, agilité et équipements modernes : ABS, instrumentation numérique, voire modes de conduite, tout y est pour un démarrage en douceur.
Bien choisir sa première moto A2 : conseils et état d’esprit à adopter
Débusquer la première moto qui colle à ses besoins, c’est faire preuve de discernement. Rien ne remplace un essai sur route, même rapide : chaque modèle dévoile alors sa vraie nature. Hauteur de selle, poids, prise en main, position des commandes,autant de critères concrets à évaluer sur le terrain plutôt que sur une fiche technique.
La clé, c’est la facilité d’accès et l’assurance que la moto inspire dès les premiers kilomètres. Trop lourde ou trop puissante ? L’appréhension peut vite prendre le dessus. Préférez une ergonomie ajustée à votre taille, des pieds bien posés à l’arrêt, un guidon accessible et des commandes souples.
Pensez aussi au budget global. Au-delà du prix d’achat, il faut compter l’assurance moto, un équipement complet (gants homologués, blouson adapté, casque intégral) et l’entretien courant. Les assureurs surveillent de près le profil des jeunes permis : une moto raisonnable rassure et permet d’alléger la facture.
L’état d’esprit à adopter ? Avancer avec lucidité, sans céder à la peur. La sécurité routière pose son cadre, mais ne prive pas du plaisir de la conduite. Prendre le temps de s’approprier sa machine, éviter les fautes de débutant, et construire sa confiance au fil des kilomètres,c’est là que commence vraiment la route.


