42% du parc de bus à Londres devrait être électrique d’ici 2030. Cette statistique, loin d’être anodine, annonce la profonde transformation de la mobilité urbaine : plus silencieuse, moins polluante, mais aussi plus exigeante pour les villes et leurs habitants.
Les enjeux de l’électrification des transports publics en France
En France, l’élan vers l’électrification des transports publics s’impose comme un levier majeur pour faire reculer les émissions de gaz à effet de serre. Le secteur des transports, moteur économique reconnu et gros émetteur, se retrouve au centre de cette course à la neutralité carbone. Sur le terrain, des acteurs de poids s’activent. TotalEnergies, qui s’est lancé dans l’électrification des transports dès 2018, s’associe à ENEDIS, gestionnaire du réseau de distribution d’électricité couvrant presque tout le pays, pour accélérer la mutation du paysage urbain.
Adapter le réseau d’infrastructures de transport à cette nouvelle donne s’impose comme une étape incontournable. ENEDIS doit anticiper l’afflux de véhicules électriques et renforcer ses lignes pour soutenir la demande. Dans ce contexte, le Groupe de travail Terra Nova multiplie les recommandations pour décarboner les transports et incite à des actions concrètes, coordonnées, capables de faire la différence sur le terrain.
Le rôle des gestionnaires de réseaux autoroutiers, à l’image d’APRR et ses 2400 km de voies, prend une dimension stratégique. Installer des bornes de recharge au bon endroit, sur les axes principaux comme dans les centres urbains, devient un enjeu de confiance pour les futurs utilisateurs. Il ne s’agit pas seulement de multiplier les points de recharge, mais de penser leur implantation pour offrir une couverture cohérente sur l’ensemble du territoire.
Cette vision partagée entre services publics et sociétés autoroutières donne le tempo de la transition. Les collaborations sont multiples : TotalEnergies et ENEDIS travaillent main dans la main avec les collectivités pour intégrer la mobilité électrique dans le quotidien urbain. Résultat ? Bus et trams électriques s’installent durablement, montrant que la France avance déjà, concrètement, vers un autre modèle de transport.
Stratégies et défis pour une transition réussie vers des transports publics électriques
Déployer des transports publics électriques dans l’Hexagone relève d’une stratégie complexe, faite d’innovations mais aussi de freins à lever. À Paris comme à Lyon, collectivités et entreprises s’affairent autour d’un objectif : mailler les villes de bornes de recharge fiables, nombreuses, accessibles. Impossible d’imaginer une mobilité électrique sans cet appui logistique. Pierre Clasquin, responsable de la recharge électrique chez TotalEnergies, le rappelle : sans réseau solide, la transition s’enlise.
Mais l’équation ne se limite pas à poser des bornes à chaque carrefour. Réduire les émissions de gaz à effet de serre demande une mobilisation collective. Les spécialistes de la stratégie, comme Arnaud Beaufeist d’Accenture, accompagnent les acteurs publics et privés, façonnant des solutions sur mesure pour que l’intégration des véhicules électriques ne soit pas un simple affichage, mais une réalité au quotidien.
Le rail entre aussi dans la danse. Le transport ferroviaire, pilier de la mobilité collective, se réinvente sous l’impulsion de responsables comme Pierre de Firmas, chez ENEDIS, qui harmonise l’alimentation électrique pour soutenir la hausse de la demande. La coordination avec des responsables d’infrastructures, à l’image de Véronique Tallon chez APRR, garantit la continuité du service, même sur les longs trajets.
Les réflexions s’affinent au sein de groupes d’experts, à l’instar du think tank Terra Nova, où Patrice Geoffron apporte sa vision d’économiste. Les grandes villes françaises, Paris et Lyon en tête, deviennent des terrains d’expérimentation observés par l’Europe tout entière. Leurs avancées servent de référence pour de futures politiques continentales.
Dans ce contexte, Benoît Leguet, à la tête de l’I4CE Institut de l’économie pour le climat, insiste sur un point : la France ne peut se contenter de suivre le mouvement. Elle doit viser le leadership sur la réduction des émissions dans les transports publics, et montrer la voie à ses voisins européens.
La mobilité urbaine s’électrifie à grande vitesse. Reste à savoir si les villes sauront transformer l’essai, pour que demain, le bus qui file dans la nuit ne laisse derrière lui qu’un simple courant d’air.


